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RE2020 étendue au tertiaire : ce que les professionnels doivent anticiper avant le 1er juillet

RE2020 étendue au tertiaire : ce que les professionnels doivent anticiper avant le 1er juillet

18 mai 2026 7 min de lecture
RE2020 bâtiments tertiaires : champ d’application, nouvelles typologies, exigences de performance et impacts pour les entreprises du BTP. Comprenez les obligations, études et attestations pour sécuriser vos projets.
RE2020 étendue au tertiaire : ce que les professionnels doivent anticiper avant le 1er juillet

RE2020 et nouvelles typologies de bâtiments tertiaires : un champ d’application élargi

Depuis l’extension progressive de la RE2020 aux bâtiments tertiaires, le champ d’application de la réglementation environnementale s’élargit fortement. Le ministère de la Transition écologique a confirmé que la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) s’applique désormais à un nombre croissant de bâtiments neufs à usage de bureaux, d’enseignement, de santé ou d’hébergement, avec un calendrier d’entrée en vigueur précisé par décrets et arrêtés publiés au Journal Officiel. Pour chaque catégorie concernée, les entreprises de construction doivent intégrer ces exigences dès la phase de conception et de dépôt de permis, en s’appuyant sur les textes réglementaires officiels et les guides techniques mis à jour.

Un projet de décret, parfois cité sous la référence provisoire « décret n°2026-16 » dans la presse spécialisée, vise à étendre la réglementation aux bâtiments neufs à usage tertiaire spécifique et à certains bâtiments à usage industriel ou artisanal comportant une part tertiaire significative. À ce stade, les modalités exactes (date de référence des permis de construire, seuils de surface, cas d’exclusion) doivent être vérifiées directement dans les versions publiées au Journal Officiel, afin d’éviter toute interprétation erronée. En l’état du droit, restent généralement exclus les constructions temporaires, les petites surfaces (inférieures à un seuil réglementaire, souvent 50 m²) ou certaines extensions limitées, mais chaque opération doit faire l’objet d’une analyse réglementaire précise et d’une étude environnementale complète, incluant l’analyse du cycle de vie et l’impact carbone des composants.

Les nouvelles typologies de bâtiments tertiaires explicitement visées par la RE2020 incluent notamment les hôtels, commerces, crèches, EHPAD, gymnases, aérogares, bâtiments d’enseignement primaire et établissements universitaires, en complément des bureaux, médiathèques, bibliothèques et établissements de santé déjà concernés. Cela représente une part très importante du futur parc immobilier tertiaire soumis à des exigences de performance énergétique et environnementale renforcées. Pour un chef d’entreprise du BTP, cela signifie que la plupart des chantiers de logements bureaux mixtes ou de bâtiments industriels avec partie tertiaire devront respecter ces exigences, avec des attestations spécifiques à fournir à chaque étape du projet et une vigilance accrue sur la conformité réglementaire.

Cinq exigences de performance et nouvelles modalités de calcul pour les permis tertiaires

La RE2020 pour les bâtiments tertiaires repose sur cinq exigences majeures de performance, communes à l’ensemble des typologies. La première concerne la conception bioclimatique du bâtiment, avec une optimisation de l’enveloppe, des apports solaires et de l’inertie thermique, tandis que la seconde porte sur la consommation d’énergie primaire, en limitant les besoins de chauffage, de refroidissement, de ventilation et d’éclairage grâce à une conception sobre et à des systèmes performants. Les trois autres exigences visent l’impact carbone en phase d’exploitation, le carbone des composants sur tout le cycle de vie et le confort d’été, ce qui impose une approche énergétique et environnementale globale, intégrant à la fois la performance thermique, la qualité des matériaux et le bien-être des occupants.

Pour chaque projet tertiaire, le bureau d’études doit réaliser une étude énergétique et une étude de cycle de vie détaillée, en intégrant les données de carbone des matériaux et des systèmes techniques issues des FDES et PEP disponibles dans les bases de données officielles. Ces études servent de base aux attestations réglementaires à fournir lors de la déclaration préalable ou du dépôt de permis de construire, puis à l’achèvement des travaux, avec des modalités de calcul actualisées par les arrêtés successifs, dont celui du 19 mars 2024 qui a précisé certains paramètres de calcul pour les bâtiments neufs. Les entreprises doivent donc adapter leurs outils de simulation, vérifier les nouvelles modalités de calcul de l’énergie primaire et de la performance environnementale, et anticiper les contrôles liés à la réglementation, en documentant chaque hypothèse retenue.

Les bâtiments tertiaires neufs, qu’il s’agisse de bureaux, d’établissements de santé, d’EHPAD, de gymnases ou de bâtiments d’enseignement primaire et secondaire, sont directement concernés par ces nouvelles exigences. Les extensions de bâtiments tertiaires existants dépassant un seuil de surface réglementaire (par exemple 150 m², à confirmer selon le texte applicable) entrent aussi dans le champ d’application, ce qui oblige les artisans et PME du bâtiment à revoir leurs habitudes de conception et de choix de matériaux. Pour sécuriser leur activité et leur prévoyance professionnelle face à ces évolutions réglementaires, les dirigeants peuvent s’appuyer sur des ressources spécialisées en gestion des risques du BTP, sur les notices techniques des fabricants et sur les recommandations des organismes de référence en assurance construction et en prévention des sinistres, afin de fiabiliser leurs décisions et de limiter les litiges.

Impacts opérationnels pour les entreprises du BTP : organisation des chantiers et préparation

Pour un constructeur ou un artisan qui dépose un permis tertiaire après la nouvelle date d’entrée en vigueur fixée par les textes, les changements sont immédiats sur le terrain. Chaque projet de construction ou d’extension de bâtiments tertiaires impose une coordination renforcée entre le bureau d’études, le maître d’ouvrage et les équipes de chantier, afin de respecter la performance énergétique, le bilan carbone visé et les exigences de confort d’été. Les entreprises doivent aussi intégrer les nouvelles attestations RE2020 dans leurs procédures internes, depuis l’étude de faisabilité jusqu’à la réception des travaux, en suivant un déroulé clair : vérification du champ d’application, études réglementaires, dépôt du permis, suivi de chantier, contrôles et remise des attestations finales.

Les chantiers de bâtiments neufs tertiaires, qu’il s’agisse de logements bureaux intégrés, d’établissements de santé ou de bâtiments industriels avec partie tertiaire, nécessitent une anticipation plus fine des approvisionnements et des choix techniques. La prise en compte de l’énergie primaire, de la performance énergétique et environnementale et du cycle de vie des matériaux peut impacter le coût, les délais et l’organisation des travaux, notamment en haute saison des travaux extérieurs où la planification devient stratégique pour éviter les mauvaises surprises. À titre d’illustration, plusieurs retours d’expérience publiés sur des crèches et écoles primaires de l’Hexagone montrent que le recours à des solutions bas carbone (ossature bois, isolants biosourcés, systèmes CVC performants) peut entraîner un surcoût initial modéré, compensé en partie par une réduction des consommations d’énergie et une meilleure valorisation du bâtiment sur le long terme.

Pour rester compétitives, les TPE PME du bâtiment ont intérêt à investir dans la formation à la réglementation environnementale, aux nouvelles typologies de bâtiments tertiaires et aux méthodes de calcul RE2020. Les dirigeants peuvent s’appuyer sur des bureaux d’études spécialisés pour fiabiliser les études thermiques, les études de cycle de vie et les dossiers d’attestations, tout en gardant la main sur la conception et l’exécution des travaux. Une courte liste de vérifications en amont du projet (typologie du bâtiment, seuils de surface, exigences RE2020 applicables, choix de matériaux, calendrier des attestations et points de contrôle) permet de sécuriser la conformité et de limiter les risques de surcoûts ou de retards. Cette montée en compétence sur la RE2020 bâtiments tertiaires devient un véritable levier de différenciation commerciale, notamment sur les marchés publics d’enseignement primaire et secondaire, les établissements de santé ou les projets immobiliers mixtes associant logements bureaux et surfaces tertiaires, où la performance environnementale est de plus en plus intégrée dans les critères d’attribution.